L'entrée en EHPAD représente une épreuve difficile pour les personnes âgées. En plus de la perte de leur environnement, l'éloignement de leurs amis et la restriction de leur autonomie, se séparer de leur animal de compagnie peut être particulièrement douloureux. Que ce soit un chat, un chien ou même des oiseaux, ces compagnons sont souvent des sources de réconfort et d'affection. Récemment, le législateur a commencé à reconnaître l'importance de ces liens et a ouvert la voie à un accueil animalier en EHPAD, bien que sous certaines conditions.
Un droit désormais inscrit dans la loi
Autrefois, la présence d'animaux dans les EHPAD dépendait en grande partie de la politique interne de chaque établissement, souvent assortie de règles strictes. Ce cadre a conduit à des séparations douloureuses pour les résidents et leurs animaux, parfois même à des abandons.
La loi du "bien vieillir" adoptée en avril 2024 marque un tournant significatif à cet égard.
Une avancée essentielle pour le bien-être
La loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 a été intégrée au Code de l'action sociale et des familles (CASF) pour garantir le droit des résidents d'EHPAD à garder leurs animaux de compagnie. Concrètement, elle stipule : "Le résident d'un EHPAD a le droit d'accueillir son animal de compagnie, à condition qu'il ne soit pas dangereux et sous réserve de l'accord de l'établissement, qui ne peut pas s'opposer sans justification valide."
Éclaircissements grâce à un arrêté
Par la suite, un arrêté du 3 mars 2025 a précisé les conditions d'accueil, notamment en matière d'hygiène et de sécurité, et clarifié les obligations des résidents et des établissements. Cet arrêté ne fixe pas de critères restrictifs quant aux espèces ou aux tailles d'animaux, sauf en cas de dangerosité.
Conditions de présence d'un animal en EHPAD
Bien que la loi soit favorable, elle impose également des critères stricts pour garantir le bien-être des animaux et la sécurité des autres résidents.
Normes vétérinaires et sanitaires
Pour intégrer un EHPAD, un animal doit disposer d'un dossier vétérinaire complet. Ce dossier doit inclure :
- Identification : l'animal doit être identifié par puce électronique ou tatouage.
- Carnet de vaccinations à jour : toutes les vaccinations obligatoires doivent être à jour, incluant certains vaccins spécifiques pour les chiens et les chats.
- Preuve de traitement parasitaire, interne et externe.
- Certificat de non-dangerosité délivré par un vétérinaire.
- Stérilisation ou castration : recommandée, bien que non obligatoire.
Responsabilité du résident
Posséder un animal requiert que le résident puisse subvenir à ses besoins. L'EHPAD devra évaluer l'autonomie du résident en prenant en compte plusieurs critères :
- Soins quotidiens : nourrir, brosser, et s'occuper de l'animal.
- Sorties : les résidents doivent prévoir une alternative pour promener leur chien s'ils ne sont pas capables de le faire.
- Charges financières : tous les frais liés à l'animal restent à la charge du résident.
Respect du règlement interne
La loi autorise les animaux, mais chaque EHPAD peut établir des règles spécifiques, notamment concernant :
- Zones d'accès : certains lieux comme les cuisines ou l'infirmerie peuvent être interdits.
- Relations avec les autres résidents : l'animal ne doit pas déranger les autres.
- Gestion des déjections : cette responsabilité incombe au résident.
Exclusions à prendre en compte
Les animaux considérés comme dangereux, tels que certains chiens de première et deuxième catégories, sont formellement exclus des EHPAD.
Que faire en cas de refus ?
Si l'EHPAD refuse d'accueillir un animal, la décision doit être justifiée et discutée lors des rencontres du Conseil de la Vie Sociale (CVS).
Bienfaits des animaux pour les résidents
De nombreuses études révèlent que la présence d'un animal peut considérablement améliorer le bien-être psychologique des personnes âgées. L'animal peut :
- Réduire l'anxiété et le stress.
- Aider à maintenir les capacités cognitives.
- Faciliter la communication avec d'autres résidents et le personnel.
- Offrir un sentiment d'utilité, soutenant ainsi la dignité et le sens de la vie des résidents.







