Une récente étude scientifique internationale publiée dans la revue Nature met en lumière la forte contamination au mercure des poissons pêchés dans l'Atlantique Nord, révélant une menace pour la santé humaine.
Une équipe de chercheurs venus de Toulouse, du Massachusetts et des Pays-Bas s'est penchée sur la concentration de mercure à travers les océans, afin d'identifier les espèces les plus touchées. En réalisant des mesures océanographiques et en s'appuyant sur des expéditions scientifiques, les scientifiques ont pu établir une comparaison entre les niveaux de mercure dans les océans Pacifique, Arctique, Atlantique Nord et Sud.
Une concentration alarmante de mercure
Les résultats ont révélé que les eaux profondes ainsi que les eaux intermédiaires de l'Atlantique Nord affichent des niveaux de mercure bien plus élevés que ceux des autres océans, avec une augmentation de 150% dans les eaux intermédiaires et un triplement des concentrations en surface, par rapport aux niveaux d'avant l'ère industrielle. Cette situation est attribuée aux activités humaines, notamment la combustion de pétrole et l'exploitation minière dans les régions côtières.
Impact sur la chaîne alimentaire
La contamination au mercure représente un enjeu majeur pour la chaîne alimentaire marine. Les poissons pêchés dans cet océan, en particulier les prédateurs tels que les espadons, requins, lamproies et marlins, accumulent des quantités significatives de mercure dans leurs tissus, ce qui les rend dangereux pour la consommation humaine.
Recommandations pour les populations vulnérables
À fortes doses, le mercure peut engendrer des troubles neurologiques tels que la sclérose en plaques. L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'environnement et du travail (Anses) recommande de consommer du poisson deux fois par semaine, tout en diversifiant les espèces pour bénéficier des bienfaits nutritionnels sans en subir les risques.
Les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 30 mois doivent faire preuve de prudence : il est conseillé d'éviter les poissons prédateurs et de limiter la consommation à 150g par semaine pour les femmes enceintes et à 60g pour les jeunes enfants.
Source :
A global ocean inventory of anthropogenic mercury based on water column measurements, publié dans la revue scientifique Nature le 6 août 2014.







