Chaque jour, des milliers de Français se retrouvent à découvert, souvent à cause d'une dépense imprévue. Selon une enquête, 47 % des titulaires de comptes bancaires déclarent entrer dans le rouge au moins une fois par an, dont 24 % par simple erreur. Ces erreurs peuvent entraîner des frais importants, souvent amplifiés pour ceux qui n'ont pas de découvert autorisé. Alors, quel est le véritable coût d'un découvert bancaire ? Éclaircissons cette question.
Qu'est-ce qu'un découvert bancaire ?
Le découvert bancaire peut découler de diverses situations : un chèque tardivement débité, des frais imprévus liés à la voiture, ou une baisse de revenus après un licenciement. Les utilisateurs peuvent continuer à effectuer des paiements même si leur compte est négatif, grâce à un découvert tacite. Cela signifie que les débits excèdent largement les crédits. On distingue deux catégories de découvert bancaire :
- Découvert autorisé : La banque permet au titulaire d'utiliser son compte même en négatif, avec un plafond prédéfini. Ainsi, la banque prête de l'argent à l'utilisateur sous forme de crédit à court terme, avec des modalités établies.
- Découvert non autorisé : Le compte devient débiteur sans accord préalable, entraînant le refus de transactions comme les chèques ou les paiements par carte. Les comptes se bloquent à cause de ces incidents.
Il est important de noter qu’un découvert autorisé peut basculer en non autorisé si le plafond est dépassé.
Comment obtenir un découvert autorisé ?
Pour éviter les désagréments financiers d'un découvert non autorisé, il est conseillé de demander un découvert auprès de sa banque. La plupart des établissements, qu'ils soient traditionnels ou en ligne, offrent cette option. Cependant, l'octroi d'un découvert n'est pas automatique et dépend de la politique de la banque. Voici comment le négocier :
- Au moment de l'ouverture du compte, celui-ci peut être inclus dans un package de services.
- Après la clôture du contrat d’ouverture, il peut être ajouté par avenant selon les besoins du client.
Il est crucial de discuter des conditions avec son conseiller bancaire, qui doit exposer les limites, les frais et le calendrier de remboursement. Le montant du découvert dépendra du profil financier du client.
Quels coûts engendre un découvert bancaire ?
L’utilisation d’un découvert n'est pas sans frais. La banque applique des charges dès que le compte passe dans le rouge. Les coûts sont généralement plus élevés en cas de découvert non autorisé. Voici un aperçu des frais :
Frais d'un découvert autorisé
Les banques peuvent facturer des frais d'ouverture et de gestion. En moyenne, ces coûts oscillent entre 20 et 50 € pour la mise en place, et de 5 à 30 € par an pour la gestion. En ce qui concerne les agios, les banques appliquent généralement :
- Des agios proportionnels, basés sur la durée et le montant du découvert.
- Des agios forfaitaires, définis à l'avance, parfois assortis d'un montant minimum.
Ces frais sont débitées mensuellement ou trimestriellement selon les établissements.
Exemple concret de frais d'un découvert autorisé
Prenons l'exemple d'un découvert autorisé avec des agios proportionnels à un TAEG de 8 %. Si un client est à découvert de 200 € pendant 15 jours, il payera :
- 200 x (15/365) x 8 % = 0,65 €.
Pour un agios forfaitaire de 1 % et un minimum de 15 €/an, le coût sera de :
- 15 €/an pour des sommes inférieures à 1 500 €.
- 20 €/an pour 2 000 €, etc.
Frais d'un découvert non autorisé
Depuis 2011, les banques doivent indiquer le montant du découvert autorisé sur les relevés de compte. Malheureusement, un découvert non autorisé peut coûter bien plus cher, avec des intérêts doublés, atteignant même des taux d'usure de 21,92 %. Les frais supplémentaires liés à chaque opération débiteur incluent :
- Des commissions d’intervention, limitées légalement à 8 € (80 €/an).
- Des frais pour les chèques et virements retournés.
- Des frais de notification de découvert.
Pour illustrer, un découvert de 200 € non autorisé pendant 15 jours pourrait engendrer des frais d’un minimum de 9,80 € :
- 200 x (15/365) x 21,92 % = 1,80 € + 8 € de commission d’intervention.
Outre les coûts élevés, un découvert non autorisé peut entrainer des sanctions comme la suppression de moyens de paiement et une inscription au fichier bancaire national. Enfin, depuis la loi Lagarde, un découvert de plus de 200 € pendant 90 jours devient un crédit à la consommation.
En somme, le découvert bancaire, s'il est occasionnel et autorisé, reste relativement abordable, avec des agios autour de 7 % dans des banques en ligne. Cependant, en cas de découvert non autorisé, la facture peut rapidement grimper. Voici quelques astuces pour éviter de se retrouver à découvert :
- Suivre régulièrement ses dépenses.
- Établir un budget précis.
- Configurer des alertes lorsqu’un seuil critique est atteint.
- Prévoir un fonds d'urgence pour les imprévus.
- Communiquer rapidement avec sa banque lors de difficultés financières.







