Si vous souhaitez accroître la part d'héritage de votre conjoint, la donation au dernier vivant, également appelée donation entre époux, est une solution à envisager.
Cette donation vise à renforcer la part d’héritage allouée au conjoint survivant. S’établissant par un acte notarié coûteux d'environ 150 euros, elle offre une protection juridique efficace.
Définition de la donation au dernier vivant
La donation au dernier vivant permet au conjoint resté en vie de bénéficier d'une part d'héritage sans impacter les droits de succession, qui sont exonérés par la loi.
Celle-ci se distingue des donations classiques puisque la transmission des biens se fait au décès du donateur.
Concepts clés : usufruit, nue-propriété et pleine propriété
Il est essentiel de comprendre les termes de usufruit, nue-propriété et pleine propriété pour saisir le fonctionnement de cette donation :
- Pleine propriété : le droit de disposer, utiliser et recevoir des revenus du bien.
- Nue-propriété : droit de disposer du bien, sans en jouir.
- Usufruit : droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les avantages, sans pouvoir le vendre.
Transmission des biens : quelles parts ?
La part de patrimoine pouvant être transférée dépend de l'existence ou non d'enfants communs.
En présence de descendants
Pour les couples avec enfants, l'époux survivant hérite généralement de la totalité des biens en usufruit ou d'un quart en pleine propriété. En présence d’enfants non communs, il héritera du quart des biens en pleine propriété.
Les options de donation incluent :
- Un quart en pleine propriété et les ¾ en usufruit.
- La totalité de la succession en usufruit.
- La quotité disponible, déterminée par le nombre d’enfants.
En l'absence de descendants
Lorsque le défunt n'a pas eu d'enfants, le conjoint hérite de la moitié de la succession si ses parents sont en vie, ou des ¾ si un seul parent est encore présent.
La donation au dernier vivant permet alors de transmettre intégralement la succession au conjoint survivant, sous réserve des droits éventuels des parents.
Trois modalités de donation
La donation au dernier vivant peut se réaliser selon trois formules :
Option 1 : Tout usufruit
Recommandée pour les couples âgés, cette option offre au conjoint une pleine jouissance du bien, même en cas de besoin financier.
Option 2 : Mixte
Elle permet au conjoint survivant d’hériter d’un quart de la succession en pleine propriété, avec les ¾ restants en usufruit, idéal pour ceux ayant des enfants à charge.
Option 3 : Quotité disponible
Cette option garantit l’indépendance du conjoint survivant par rapport aux autres héritiers, lui permettant une gestion libre de sa part.
Comment procéder à la donation ?
La donation au dernier vivant peut être réalisée pendant ou avant le mariage, en suivant un processus notarié.
Il est impératif de contacter un notaire pour formaliser l'acte et l'enregistrer auprès du fichier central des dernières volontés.
Coût de la donation entre époux
La donation occasionne un coût notarial, fixé à 135,84 euros TTC, plus éventuellement les frais d'inscription au fichier central.
Possibilité d’annuler la donation
Contrairement à d'autres formes de donation, celle au dernier vivant peut être annulée à tout moment sans avertir le donataire, soit par acte notarié, soit par testament. En cas de divorce, elle est automatiquement révoquée.
Avantages et limites de cette donation
Accessible et efficace, la donation au dernier vivant augmente significativement la part d'héritage du conjoint survivant, devenant effective au décès du donateur.
Bien que constituant un acte authentique et irréfutable, elle n'engendre aucun bénéfice fiscal spécifique. Les droits de mutation restent dus, ce qui peut inciter les personnes disposant d'un patrimoine important à explorer d'autres stratégies de transmission.
Enfin, bien que révocable, cette caractéristique peut poser problème si l'un des époux décide unilatéralement d'annuler l'acte sans en informer l’autre partie.
Si votre but est de sécuriser l’avenir de votre conjoint, la donation au dernier vivant s'avère être un outil précieux. Envisagez également un bilan patrimonial et des conseils juridiques pour optimiser cette démarche.







