Comprendre les cochenilles
Les cochenilles, également connues sous le nom de Coccoidea, font partie de la famille des Hémiptères, relatives des coccinelles. On recense plus de 400 espèces de cochenilles en France. Les distinctions entre les sexes sont telles qu’il arrive de penser qu’il s’agit d’espèces différentes.
Le mâle cochenille est petit, évoquant un moucheron, et se distingue par son incapacité à se nourrir, ne vivant que pour la reproduction. En revanche, la femelle, sans ailes ni parfois sans pattes visibles, s’installe sur les plantes, représentant un véritable risque pour celles-ci.
Avec ses sécrétions, elle crée un bouclier protecteur, se nourrissant de la sève des plantes à l'aide d'un stylet. Certaines espèces se déplacent, d'autres restent fixées à un même endroit durant toute leur vie.
La cochenille génère un miellat apprécié des fourmis, qui leur offrent protection. Chaque femelle pond jusqu’à 600 œufs, permettant une prolifération rapide et prolongée. Les larves, plus mobiles, peuvent être transportées par le vent ou véhiculées par les fourmis.
Les populations de cochenilles fluctuent avec les conditions climatiques, prospérant dans des milieux tempérés et humides. Les serres sont particulièrement favorables à leur développement, permettant une régénération presque toute l’année.
Les différentes espèces de cochenilles
Cochenille à carapace
Cette espèce s’épanouit aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Dans les jardins, les cochenilles à carapace produisent un miellat abondant. Le corps des femelles est recouvert d'une coque protectrice.
On les retrouve sur les arbres, reconnaissables à leurs amas cotonneux. Les femelles pondent généralement en juin, après quoi les larves migrent avant de s'enraciner, souvent sur des écorces pour l’hiver. Elles attaquent surtout les arbres tels que les hortensias ou les ormes.
Cochenille à bouclier
Elle s’installe sur des arbres ornementaux et fruitiers tels que les agrumes et le pommier, tout en affectionnant certaines plantes d’intérieur comme les cactus. Généralement, ces espèces ne produisent pas de miellat.
Les femelles pondent en automne, se cachant sous leur coque pendant l’hiver. Au printemps, les larves migrent avant de s’établir sur de nouvelles branches.
Cochenille farineuse
Présente surtout dans les espaces intérieurs et sous les serres, cette espèce succède surtout par temps chaud. Les mâles, ressemblant à de petites guêpes, sont peu nombreux et inoffensifs.
Les femelles, avec leur forme ovoïde et couleur blanche, pondent dans un amas cotonneux. Le développement de cette espèce est rapide par temps chaud, voyant les larves nourrissant de la sève des plantes.
Éliminer les cochenilles : méthodes naturelles
Comment lutter efficacement ?
Les cochenilles à carapace sont féroces adversaires, tandis que les farineuses se combattent plus aisément. Il est préférable d’opter pour des solutions naturelles afin de préserver les insectes auxiliaires et vos plantes.
Mesures préventives
- Inspection régulière des plantes pour détecter les infestations rapidement.
- Amélioration des conditions de culture pour renforcer la santé des plantes.
- Exposition des plantes à l’extérieur lorsque les températures le permettent.
- Désinfection des outils après chaque utilisation pour éviter la propagation.
Solutions pour plantes atteintes
Pour éliminer les cochenilles farineuses, utilisez un coton imbibé d’alcool à 90° ou d’eau savonneuse, rinçant ensuite à l’eau claire. Enlever les coques protectrices délicatement peut également être nécessaire.
Une autre méthode consiste à mélanger dans un litre d’eau une cuillère de chaque : alcool à brûler, savon noir et huile végétale. Vaporisez sur vos plantes, renouvelant l’opération jusqu’à disparition totale des nuisibles.
Alternatives :
- Utilisez un jet d’eau sur les plantes robustes.
- Taillez les branches envahies durant l’hiver pour réduire les populations au printemps.
- Appliquez de l’huile blanche sur les cochenilles farineuses.
- Utilisez le savon noir sur les larves non protégées, devant être appliqué sur plusieurs semaines.
Favoriser un jardin équilibré
La présence d’auxiliaires comme les coccinelles, les punaises et autres prédateurs est essentielle pour lutter contre les cochenilles. Ces insectes se révèlent efficaces grâce à leur attaque ciblée sur les femelles sédentaires.
Pour favoriser leur présence, vous pouvez :
- Préserver des zones sauvages dans le jardin pour permettre aux plantes hôtes de se développer.
- Créez des abris pour les oiseaux et insectes.
- Cultiver des fleurs mellifères pour attirer les auxiliaires.
- Éviter les pesticides pouvant nuire aux insectes bienfaiteurs.
- Encourager la biodiversité au sein de votre jardin.
Ces actions réduiront les attaques de cochenilles et leurs nuisances, évitant ainsi l’apparition de fumagine, un champignon prolifique sur le miellat produit par ces insectes.







