Dans son édition de mai, 60 millions de consommateurs a analysé 16 références de saumon frais en supermarché pour en déterminer les moins polluées. Voici le palmarès.
En sushis, en papillote, ou en quiche, le saumon est un aliment de base prisé. Bien qu'il offre de nombreux bienfaits nutritionnels tels que des protéines, du zinc, des oméga-3, ainsi que des vitamines A, D et E, il est également souvent accusé de contenir divers polluants. Pour évaluer la contamination, le magazine 60 millions de consommateurs a scruté 16 échantillons commercialisés, notant notamment les traces de métaux lourds, de dioxines, de PCB et de résidus médicamenteux. Le rapport peut être consulté dans le numéro de mai 2023, disponible en kiosque.
Une contamination inévitable
Les résultats de l’étude révèlent qu'il est difficile d'éviter les poissons contaminés. Sur les 16 échantillons, des traces de dioxines, de PCB et de mercure ont été détectées, tous reconnus comme cancérigènes et perturbateurs endocriniens. Heureusement, les concentrations étaient suffisamment faibles pour ne pas représenter un risque pour la santé publique.
Bien que certains polluants aient été interdits depuis 1987, ils perdurent dans l'écosystème aquatique et s’accumulent dans les tissus des poissons, surtout dans ceux labélisés bio. « La pollution résulte principalement de l'alimentation des saumons, qui nécessite 22 % d'huile et de farine provenant de poissons sauvages », explique Marc Vandeputte, chercheur à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, la recherche et l'environnement (Inrae).
Les saumons norvégiens sortent du lot
Malgré son passé controversé lié à l’élevage intensif, le saumon norvégien est désormais mieux classé. Depuis 2019, la filière s'engage à réduire l'utilisation d'antibiotiques, un pas vers une meilleure qualité. Aucun résidu médicamenteux, plomb ou cadmium n'a été trouvé dans les saumons norvégiens, qui se distinguent par leur note de 14/20.
En tête du classement, on trouve le pavé de saumon norvégien Carrefour, labélisé ASC (Aquaculture Stewardship Council), vendu à 24,30 € le kilo. Suit le saumon Monoprix Bio à 45,80 € le kilo et une référence Lidl à 25 € le kilo, confirmant ainsi la supériorité du saumon norvégien.
Des inquiétudes autour du saumon écossais
En revanche, les résultats pour le saumon écossais sont moins encourageants. Certains échantillons affichent des niveaux de mercure plus élevés, tel le saumon Casino Bio, mais les taux restent en dessous des seuils de dangerosité.
Cette concentration en mercure pourrait être due au mode d'élevage en loch, souvent confiné, qui peut augmenter le risque de pollution.
Impact écologique considérable
Enfin, l'étude met en lumière l'impact écologique significatif de la consommation de saumon, même pour les produits labélisés bio. L'élevage pourrait contribuer à l'appauvrissement d'oxygène dans l'eau et à la fuite de poissons susceptibles de modifier la génétique des populations sauvages, ce qui fragilise l'espèce.
Tous les saumons de l'étude reçoivent ainsi un score écologique « avec modération ». Les autorités sanitaires recommandent de ne pas dépasser une portion de poisson gras par semaine.
(1) L'intégralité de l'enquête est publiée dans le magazine 60 millions de consommateurs, actuellement en kiosque.







