Êtes-vous prêt à goûter à un steak créé en laboratoire ou à un hamburger à base d’algues ? L’Exposition universelle de Milan offre un aperçu fascinant de l'avenir de notre alimentation. Explorons ces innovations avec Céline Laisney, fondatrice d’AlimAvenir, experte en alimentation durable.
L’Exposition de Milan a réuni près de 130 pays autour du thème : "Nourrir la planète, énergie pour la vie". Ce défi soulève la question cruciale : comment nourrir 9 milliards d’humains d’ici 2050 ? Céline Laisney apporte un éclairage précieux lors des rencontres de l'Ocha (Observatoire Cniel des habitudes alimentaires).
Madame Figaro. - Quelles innovations vous ont le plus marquée à Milan ?
Céline Laisney. - Le pavillon néerlandais se distingue avec des recherches visant à cultiver des tomates sur Mars ainsi qu’un food truck proposant des hamburgers à base d’algues. Les États-Unis, quant à eux, mettent en avant les OGM et les biotechnologies. Toutefois, les véritables changements ne sont pas toujours visibles. Les régimes alimentaires spécialisés, comme ceux sans gluten ou végétaliens, gagneront en popularité. Ainsi, nos repas futurs pourraient être adaptés à nos besoins spécifiques, voire à notre génétique, intégrant des aliments enrichis afin de répondre à des exigences de santé précises.
Notre système alimentaire impacte considérablement l'environnement…
Effectivement. L’élevage contribue à l’effet de serre et à la déforestation. La consommation de viande diminue en France, mais elle augmente rapidement en Chine. Si tous les pays émergents adoptaient le même régime carnivore, des répercussions environnementales cataclysmiques seraient à prévoir. Une alternative explorée est celle de la viande in vitro, issue de cellules souches, mais son coût prohibitif (250 000 dollars le steak) en limite la viabilité. Je privilégie les protéines végétales élaborées à partir de pois ou de féveroles, qui imitent les saveurs traditionnelles. Des entreprises comme Beyond Meat ou Impossible Food créent des substituts de viande si convaincants que les experts ont du mal à faire la distinction avec les produits d’origine animale.
Vers une saturation des saveurs artificielles ?
C’est un fait. Ces deux dernières décennies, notre alimentation a subi une industrialisation marquée. Aujourd'hui, il y a un désir croissant pour des plats plus simples et naturels. Aux États-Unis, la tendance des circuits courts attire l’attention du gouvernement grâce à des initiatives telles que les marchés fermiers et les food hubs, soutenues par des personnalités comme Michelle Obama dans le cadre de la lutte contre l’obésité. À Milan, deux philosophies se confrontent : celle de l’innovation technologique et celle du retour vers des pratiques culinaires plus locales et authentiques, incarnées par de petites exploitations face à des géants de l’agro-industrie comme Monsanto.
(1) www.alimavenir.com







